dimanche 21 novembre 2010

Et [Jacob] se leva cette nuit-là, et il prit ses deux femmes, ses deux servantes et ses onze enfants et passa le gué de [la rivière] Jaboc. » — Genèse 32, 23

« Mais où était Dinah [la fille de Jacob] ?1 [Jacob] l’avait enfermée dans une caisse verrouillée afin que Ésaü ne puisse porter ses regards sur elle. C’est pour quoi il a été puni pour l’avoir ainsi refusée à son frère. [Car, s’il l’avait épousée,] peut-être l’aurait-elle ramené vers le bien – et elle est tombée par la suite entre les mains de Chekhem. » —

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Ésaü avait été élevé dans le foyer le plus idéal qu’on puisse imaginer. Ses premiers souvenirs d’enfance évoquaient une vie passée en présence de son illustre grand-père Abraham, l’archétype de la gentillesse et de la pureté, qui supervisa personnellement l’éducation de ses petits-fils jumeaux et leur inculqua les fondements d’une vie spirituelle et pleine de sens. Lorsqu’Abraham quitta ce monde alors qu’Ésaü avait quinze ans, la vie du jeune homme se poursuivit en présence d’Isaac et de Rébecca et de son frère Jacob. Voir un tsadik (une personne vertueuse) ne serait ce qu’une seule fois a un intense impact sur une personne, or Ésaü passa des décennies avec les trois Patriarches ! Il serait difficile de trouver quelqu’un dans l’histoire dont l’éducation pourrait rivaliser avec la sienne, et pourtant, celle-ci n’eut que très peu d’effet sur l’insensible Ésaü.

Il serait difficile de trouver quelqu’un dont l’éducation pourrait rivaliser avec celle d’ÉsaüMais ce que ses parents et son frère, aussi saints qu’ils fussent, ne réussirent pas, il est probable que Dinah aurait pu l’accomplir. Bien qu’elle fût une très jeune fille, elle aurait pu motiver Ésaü – un homme possédant un immense potentiel irréalisé – à s’amender. Voilà une puissante démonstration de l’influence qu’une femme exerce dans son foyer. Nos Sages désignent la femme comme étant la « akéret habayit », le fondement du foyer, car c’est elle qui donne le ton de son foyer – non pas en prêchant ou en essayant de convaincre, mais en établissant l’environnement familial.

Il y a de nombreuses manières d’influencer les autres. La dynamique de la relation du maître et de l’élève joue certainement un rôle vital dans la construction d’une personne, toutefois il est largement reconnu que la simple transmission d’informations est la méthode la moins efficace pour motiver une personne à s’améliorer. Les parents jouent un rôle bien plus conséquent dans la formation de la personnalité de leurs enfants. Ils sont leurs premiers modèles, leur enseignant à travers l’exemple plutôt que par endoctrinement. Les valeurs qui guident leurs vies demeureront toujours profondément ancrées dans la psyché de leurs enfants. Malgré cela, les enfants ont une propension naturelle à se rebeller, à explorer le monde tout seuls pour parvenir à se forger leur propre éthique et leurs propres valeurs. La tendance innée qu’ont les enfants de rejeter les conclusions auxquelles sont parvenues les générations précédentes permet au monde de progresser constamment et de découvrir de nouvelles « vérités » – dont beaucoup seront réfutées par les générations ultérieures –, mais également limite l’influence que la génération plus âgée exerce sur les plus jeunes.

La plus grande influence est exercée par la femme qui fixe le ton de son foyer. Personne n’est hors d’atteinte de l’atmosphère qui règne dans sa propre maison. L’homme peut être plus volubile concernant son opinion, mais les valeurs qui dominent le foyer l’imprègneront petit à petit.

À l’évidence, Dinah avait une âme d’une puissance extraordinaire, car il n’est certainement pas recommandé qu’une femme commune épouse un Ésaü pour le corriger ! Cependant, l’histoire de Dinah nous édifie sur le rôle gigantesque que joue chaque femme dans la formation des caractères des membres de sa maisonnée.

Naftali Silberberg

http://www.fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1353656/jewish/La-persuasion-dune-femme.htm

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dimanche 14 novembre 2010

La pudeur du langage de Rachel

Le sefer Yalkout Chim'oni donne une belle intreprétation de ce que peut être la tsniout en dehors du champs de l'habillement mais bel et bien comme une qualité (mida), une noblesse du comportement.
En effet, comme nous l'avons vu dans la paracha Vayetse, Yaakov a épousé Léa alors qu'il pensait épouser Rachel. Cette erreur est d'autant plus surprenante que Yaakov et Rachel anticipant le stratagème dont ils pourraient être l'objet, avaient convenu de signe de reconnaissance entre eux. Néanmoins, Rachel, soucieuse d'éviter à sa soeur un déshonneur si Yaakov découvrait qu'elle n'était pas Rachel, lui avait enseigné ces signes de reconnaissance.
A cet égard, le Yalkout note que c'est précisément par réserve (tsniout) que Rachel a transmis ces signes à sa soeur, et qu'elle acquit ainsi le mérite d'avoir Shaoul comme descendant. Lui-même eut une certaine pudeur (tsniout) quant à sa royauté et eut ainsi le mérite d'avoir Esther pour descendante. (Yalkout Chimo'oni I, 125).
Ces deux exmples rapportés par R. Mordechai Miller (Le Chabat Chiour) illustre la valeur à accordée à la pudeur verbale, la capacité à tamiser ses paroles et purifier ses sentiments.